Loir-et-Cher : la riche histoire du couvent des Bernardines à Saint-Aignan

© (Photo NR)
Au cœur de la vallée du Cher en Loir-et-Cher, le couvent Notre-Dame des Anges, dit Les Bernardines, domine la cité médiévale de Saint-Aignan-sur-Cher.
Publié le 16/05/2022 à 18:00
La localisation du couvent des Bernardines offre une perspective exceptionnelle sur la ville de Saint-Aignan-sur-Cher, le château et la collégiale. Cet ancien prieuré conventuel de religieuses de l’ordre de Cîteaux fut fondé en 1641 par Nicolas Servien et Charles de Bauquemare, conseillers du roi, sans doute sous l’impulsion d’Antoinette Servien, fille de Nicolas et épouse de François de Beauvillier, premier duc de Saint-Aignan.
Un lieu de soins et d’éducation
Le couvent est alors dirigé par la congrégation religieuse des Bernardines, d’inspiration cistercienne, en rappel à saint Bernard de Clairvaux. Outre la prière, les religieuses se consacraient aux soins des malades et à l’éducation des jeunes filles. Le couvent attaché au duché va évoluer jusqu’à la Révolution où il sera saisi, inscrit au registre des biens nationaux et vendu.
Les religieuses quittent les lieux qui deviendront un entrepôt. Un ancien intendant du duc, qui a échappé à la guillotine, se met au service de la veuve Françoise Camille de Beauvillier et va racheter l’ensemble du domaine, qui va ainsi revenir à la famille Beauvillier. En 1835, le prince de Chalais devenu par alliance le propriétaire des lieux, transforme le site en magnanerie, fait démolir ou remanier diverses parties de l’ensemble qui comprend également une ferme.
Puis, le bâtiment conventuel est utilisé comme école privée de 1905 à 2005. Finalement, les Bernardines ont toujours été un lieu où l’on éduque : les dernières sœurs à enseigner étaient des Franciscaines avant que n’intervienne la laïcisation.
Un incendie en 2009
La famille de La Roche Aymon n’ayant plus l’usage de cette propriété, le bâtiment à l’abandon va connaître plusieurs propriétaires, jusqu’à ce qu’un incendie se déclare dans le prieuré en 2009. Le toit du bâtiment principal (prieuré) est détruit et la charpente a totalement disparu. Ne restent que les lucarnes encore debout mais extrêmement fragilisées. L’édifice le plus important après le prieuré est le pavillon des abbesses aujourd’hui complètement restauré avec le soutien de la Drac (État) et du conseil départemental.
Depuis 2020, devant l’intérêt patrimonial présenté par le site, les nouveaux propriétaires ont décidé d’entamer de gros travaux de restauration avec l’aide de la Fondation du Patrimoine (mission Stéphane Bern).
Cor. NR : Michèle Mallen
PRATIQUE
Les lieux sont privés et ouverts au public lors des journées d’animations.